L’extrait

Dans la suite de « Je me prends au mot et j’écris cet été« , je vous propose cet extrait p.30 de l’ouvrage de Pierre Loti « Le désert » :

« Et tout de suite, autour de nous, c’était l’infini vide, le désert au crépuscule, balayé par un grand vent de froid ; le désert d’une teinte neutre et morte, se déroulant sous un ciel plus sombre que lui, qui, aux confins de l’horizon circulaire, semblait le rejoindre et l’écraser.

Alors, à regarder cela, nous prit une sorte d’ivresse et de frisson de la solitude ; un besoin de nous enfoncer là-dedans davantage, un besoin irréfléchi, un désir physique de courir dans le vent jusqu’à une élévation prochaine, pour voir plus loin encore, plus loin dans l’attirante immensité…

Du haut de la dune isolée où cette course mena, on voyait plus loin, en effet, et, sur le désert encore agrandi, trainait une dernière lueur de jour, descendue du ciel jaune par déchirure qui lentement se faisait dans son voile…

Et voici, avec ce vent d’hiver, c’était sinistre tellement, qu’une mélancolie de source ancestrale et lointaine tout à coup se joignit à l’attirance du vide, un regret d’être venu, une tentation de fuir, quelque chose comme l’instinctive crainte qui fait rebrousser chemin aux bêtes des pays verts, à l’aspect de ces régions où plane la mort. »

L’auteur

portrait de Pierre Loti

Pierre Loti raconte sa première rencontre avec le désert du Sinaï, à son époque l’Arabie Pétrée ; il va en faire la traversée jusqu’à Jérusalem. Il a choisi exprès la route la moins fréquentée par els touristes de son époque, la plus difficile aussi pour les européens.

Né à Rochefort en 1850, il décide de traverser le désert du Sinaï pour rejoindre Jérusalem à 44 ans. Le livre « le désert » retrace cet itinéraire, augmenté de 3 extraits de son journal intime, du texte arabe  du laissez-passer délivré à Pierre Loti par le seid Omar Es-Senoussi,  et de deux lettres adressées à Pierre Loti par le Consul de France à Alexandrie.

Le texte est édité chez Christian Pirot, collection Monts et Merveilles dirigée par Jacques Lacarrière, qui a rédigé également la préface.

La proposition d’écriture

Peut-être êtes-vous en vacances ou peut-être pas : je vous propose de regarder le monde autour de vous avec l’acuité de regard de Pierre Loti, de décrire à la fois ce que vous voyez, et ce que vous ressentez, tout comme il nous montre ce désert qu’il voit et en même temps exprime ce qu’il en ressent.

Que vous soyez en ville, à la campagne, à la montagne, où à la mer, la question de ce qui vous entoure, immense ou minuscule, ne peut que vous toucher ; c’est ce que je vous propose d’explorer, ce qui autour de vous est immense, fut-ce l’urbain. Mais peut-être, êtes-vous, comme lui, aux portes du désert…

 

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