A propose de cette “réécriture or not réécriture”, un clin d’oeil tiré de l’auteur fétiche du moment de Lara Brutinot (1001 Stages), entre deux portraits savoureux, qui glisse soudain quelques lignes sur le travail d’écriture,

”une lutte indécise et douloureuse, une solitude orpheline que la famille des mots n’est jamais parvenue à consoler, comme la carte au jeu du bonneteau où l’on se fait toujours avoir, cachée sous le paragraphe qu’on n’a pas choisi, et qu’il nous faut repousser à coups de stylo, chasser comme une bête têtue hors du champ de la page, car le secret ne consiste pas à écrire, mais à corriger et à ôter les costumes dont nous revêtons les statues de nos premières versions, immondes cravates d’adjectifs, casquettes de métaphores douteuses, le mauvais goût des alpagas arborés par les P.-D.-G., qui ne voudraient pas être Dieu parce qu’ils gagneraient moins. »

Antonio Lobo Antunes « Livre de chroniques III« , Christian Bourgois 2004.

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