Page blanche. Article vide en vérité.
Que vais-je bien pouvoir écrire ? C’est terrible, cette obligation que je m’impose. Non, vraiment. D’habitude c’est si simple. Limpide. Clair. ca coule comme l’encre du stylo.

Je découvre pour la première fois le terrible pouvoir d’un tout petit bouton. Un si petit bouton en vérité. A peine si je le vois. A peine si je l’utilise surtout. Dessus il y a marqué « Publier ».
Ah! le mot est lâché. La terrible épreuve de la publication. Que de fantasmes ce simple terme génère dans mon esprit. Que d’illusions. De sueurs, froides surtout. Miennes.
C’est que « publier » signifie tant de choses ici : il veut dire que le texte sera lâché dans une nature virtuelle, sur le réseau du monde entier (vraiment, le Monde EN – TI – ER ?), médiatisé, hors de portée. Il sera envoyé, fini, terminé.
Mais c’est qu’il faudrait qu’il soit …. parfait!
Je ne saurais pas écrire de texte parfait : et voilà qu’apparait la raison de toute cette peur, la perfection supposée. Inatteignable, donc pas de publication. Trop dangereux que de n’être point parfait.

Hmm … Ce désir inconscient de produire un texte parfait, inattaquable, intouchable en somme, telle une icône, c’est la première étape de l’écriture – dans un atelier. Le premier seuil à dépasser. La première ligne. Et le moment où le texte est lu lors de l’atelier vient rassurer, défaire cette crainte-là. Mon angoisse de la page blanche cache une peur d’être notée, jugée, et finalement déclarée mauvaise.

Et moi qui croyait avoir déjà passé ce seuil, le voilà qui refait surface sur la toile.
C’est que ce n’est pas la même chose de communiquer un écrit à quelques personnes, bien intentionnées, au comité de lecture d’une revue (petite dizaine?), ou même à un jury de concours (combien peuvent-ils être, une vingtaine ou une cinquantaine), et au monde francophone, potentiellement au grand complet.
Bien entendu, la plupart des gens ne liront pas ce que j’ai écrit là – pour cela, il faudrait médiatiser la publication; j’ai assez de souci – vous l’avez compris – avec le bouton « publier ».

Faisons les choses dans l’ordre : Ecrire, publier, puis médiatiser.

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